Je n'ai pas une très grande expérience des incubateurs buccaux (quelques espèces quand même), mais je partage au moins partiellement ton avis :
Il est vrai que chez certaines espèces les femelles incubent très tôt (Pseudocrenilabrus par exemple). Cela nuit certes à leur croissance, mais souvent plus directement à leur santé immédiate, car elles sont quasiment en permanence en incube. Dans ce contexte il paraît même secondaire de parler de l'impact sur leur espérance de vie à long terme... Et mettre 5 femelles pour un mâle ne permet que de dilluer le stress, mais pas la fréquence des repros. C'est plus la fréquence des repros que leur précocité qui est inquiétante à mon avis : dans la nature, y a t-il une raison pour que les femelles tout juste matures n'incubent pas?
Dans certains contextes et avec certaines espèces il semble toutefois possible de laisser cohabiter les jeunes jusqu'à leur taille adulte sans risquer d'épuisement précoce de la femelle :
- avec les pondeurs sur substrat originaires de régions où l'amplitude thermique varie fortement sur l'année, il est possible de jouer sur la t°c et autres paramètres afin de ne fournir les conditions propices à la reproduction qu'une fois que les jeunes femelles sont matures. Pour les espèces des grands lacs c'est plus délicat...
- Sans surpeupler le bac, l'absence de possibilité de créer des territoires du fait d'un nombre trop important de jeunes adultes et de décor inapproprié à la repro permet, toujours pour les pondeurs sur substrat, d'éviter des repros précoces (adaptabilité de cette solution aux incubateurs?). Cela permet par exemple d'amener des Pelvicachromis à la taille adulte sans avoir de pontes précoces.
- Chez certaines espèces (monogames / polygames aux mâles pas trop chauds lapins) les femelles n'acceptent de pondre qu'une fois prêtes, ce qui permet une autorégulation, et ça c'est vraiment très confortable

. S. pindu par exemple
Je ne sais pas si séparer les femelles des mâles dès qu'ils sont sexables est une bonne solution (impact potentiel sur leur "socialisation", solution pas plus naturelle que de permettre à un jeune mâle de se reproduire alors que dans la nature il ne le pourrait probablement pas). En tout cas elle n'est pas très satisfaisante intellectuellement...
Le pis aller de laisser les femelles récupérer quelques semaines après une incube (avec les risques que cela comporte lors de sa réintroduction dans le bac d'ensemble) n'est pas non plus idéal, mais c'est la seule solution que j'ai trouvée avec les Pseudocrenilabrus, trop chauds lapins pour faire autrement.
Ceci dit avec certaines espèces la solution que tu proposes peut être la meilleure, je ne suis pas assez compétent pour en juger (on en reparlera quand j'aurai des Xeno :lol:)
Pour résumer, je ne pense pas qu'il y ait une solution optimale qui soit adaptable à tous les incubateurs buccaux (monoparentaux, en tout cas je pense que c'est essentiellement à ces espèces que tu pensais en écrivant ton message). Plutôt des solutions variables selon différents paramètres (espèce / conditions de maintenance / possibilité ou non de jouer sur les paramètres de l'eau / dépendance pour la repro de telle ou telle espèce à un élément de décor - sable, cavernes...)