storel a écrit :mais tout à fait d'accord avec vous sur le fait qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant ce qu'une analyse moléculaire peu donner comme tendance sur l'évolution des espèces et des relations qui existent entre elles, ce n'est pas un système de référence je le conçois.
Mais dans le même sens je ne considère pas que la description uniquement sur des caractères visibles soient une systématique fiable à 100%.
Pour exemple, je fais des études de systématique et de taxonomique sur les champignons et je peux vous assurer que la description de terrain peu dans beaucoup de cas être problématique. Et je pense que pour les poissons c'est pas beaucoup plus simple.
Chic ! Un Romain tout neuf ! (eût dit Obélix). On va enfin recommencer à s’étriper sur les problèmes de nomenclature !
Cela dit, bienvenue, Storel, il ne faut pas faire attention au caractère bouillant de P., quand il ne râle que comme ça, c’est qu’il est de bonne humeur, en fait.
Je n’ai pas lu in extenso la publication, mais à vue de nez –faste, de par mon atavisme

-, je suis mitigé. Il est vrai que ce n’est pas qu’une étude de bio-mol. de plus, c’est une tentative de conciliation des différentes approches, ce qui est en soi la bonne méthode. Mais je reste un peu circonspect sur les résultats obtenus. Sans connaître très bien les centre-américains, j’ai quand même l’impression que certaines conclusions sont un peu choquantes. Bien sûr, il est tout à fait possible que les auteurs aient raison contre les apparences, mais je ne suis pas bien sûr qu’ils aient bien raison de plastronner dans leur conclusion.
Plus généralement, en ce qui concerne les approches moléculaires, l’époque ou les molécularistes qui ne connaissaient rien à l’histoire naturelle des espèces étudiées, qui ne voyaient les choses que par leur petit bout de lorgnette et qui considéraient avec une condescendance dédaigneuse les naturalistes « classiques » est heureusement révolue. La complémentarité des approches est maintenant de mise. Mais personnellement, je reste sur l’idée que les approches moléculaires doivent servir soit de simple révélateur (en cas de grosse fausse route), soit de pis-aller, et que leurs conclusions doivent être entérinées par des observations sur des caractères visibles. Pour la bonne et simple raison que je pense que les caractères exprimés ont plus d’importance que ceux qui peuvent être présents dans le génome, par résurgence, par introgression, contamination virale, ou que sais-je (je ne suis pas spécialiste), mais qui ne s’exprimeront jamais. Donc, ça me choque toujours de voir des taxons définis sur une particularité d’une molécule non observable ou non détectable par l’organisme lui-même (odorat), au moins quand il y a moyen de faire autrement. En mycologie, où on est davantage dans le domaine microscopique, c’est probablement plus concevable.
A titre d’indication, depuis quelques années, la mode est à la « découverte » de nouvelles espèces de mammifères même parmi les grandes. Presque chaque fois que je crois qu’on a vraiment trouvé une nouvelle espèce d’un gros mammifère (par exemple, tout récemment, un nouveau dauphin à gros bec du genre Tursiops), je me rends compte qu’il s’agit juste d’une espèce « génétique », une population connue à laquelle on décide de donner un rang spécifique pour cause d’éloignement génétique. Pour moi, une distance génétique ne déterminera jamais une espèce ou quelque taxon que ce soit. Deux taxons peuvent être extrêmement proches génétiquement et avoir considérablement divergé dans leur comportement, leur morphologie, leur écologie…, alors que d’autres peuvent présenter une forte variabilité génétique et ne pas avoir franchi une barrière telle que celle de la ségrégation sexuelle spécifique. Mais heureusement, les mammalogistes aussi cherchent maintenant à étayer leurs « espèces génétiques » par des caractères externes qui auraient été sous-estimés. C’est parfois convaincant, parfois, on a plutôt l’impression que ce sont eux qui les surestiment, et qu’on ne fait que rejouer l’éternel balancement entre diviseurs et rassembleurs, et que la bio-mol. n’y sert que de prétexte de modernité.