wildwolf a écrit :
salut
je ne suis pas sûr qu'une vision unique, cladistique ou phénétique, soit suffisante pour cataloguer et organiser le monde du vivant!
la recherche de l'origine et la mise dans des petites cases avec des étiquètes est le propre de l'homme.
Précisément, il n'y en a aucune qui sera mathématiquement rigoureuse, et il est illusoire de prétendre ne serait-ce que s'en approcher en utilisant une classification au sens propre du terme. Une représentation chiffrée se rapprocherait certainement plus de la réalité (sans l?atteindre, à moins de classer les individus, encore que même la notion d?individu n?est pas toujours si évidente, notamment chez les organismes coloniaux ou symbiotiques), mais qui en voudrait pour s?exprimer en langage courant ? C?est pourquoi la classification linnéenne doit perdurer, à mon avis, parce qu?il est impossible de s?en passer.
La difficulté réside dans l'évaluation de ce que l'on ne connait pas et que l'on cherche donc à reconstituer! les méthodes évoluent, elles aussi, mais il est difficile dans ce cas de réduire les modèles possibles à un seul et unique!
C?est bien mon opinion... C?est pourquoi, je préconise l?emploi de systèmes de représentation parallèles. Les dendrogrammes complètent utilement la taxinomie par leur représentation. Or, les classifications cladisantes cherchent à combiner les deux en un, d?où ce système de poupées russes intenable (et totalement malcommode).
la solution , et certains auteurs commencent peut être à l'appliquer est peut être d'intégrer toutes les méthodes, ainsi que d'autres facteurs (géographico-climato-génético-temporels, et autres, ....)
c'est pas facile car souvent, les spécialistes ont du mal à travailler ensemble!
Tout à fait d?accord, et c?est un vaste programme, que j?espère bien voir aboutir (sans notamment que les bio-molécularistes aient systématiquement le dernier mot). Mon but n?est pas si ambitieux que ça, en fait : il est juste de préserver une classification qui soit à la fois pratique, compréhensible, qui mette l?évolution à la portée de tous, tout en restant, phylogénétique, c.-à-d. fidèle à la phylogénie. Or, ce qui va arriver, c?est que d?ici qu?on aura admis que les classifications cladisantes sont intenables, on aura définitivement discrédité les classiques, et tout ce qu?il en subsistera, ce sont les mots du langage courant qui subtiliseront leur sens ?dégradé- à celui que les taxinomistes cherchaient à leur donner en l?affinant : les poissons redeviendront l?ensemble des ingrédients de la bouillabaisse, les légumes toutes sortes de salades en sachets ou en boîtes (et presque pas de papilionacées), et le nom scientifique du guépard sera un truc du genre EMDCV15897G13M5TP1954687CFA1 (eucaryote métazoaire deutérostomien etc., etc.) au lieu de dire que c?est Acinonyx jubatus, un félidé faussement semblable aux chien et appartenant à un genre propre, ce qui renseigne clairement et d?un seul coup sur beaucoup de choses.
C?est pourquoi je me demande vraiment si c?est ce que veulent les gens... Le problème est que la majorité des amateurs seront d?accord avec mon raisonnement, mais que la quasi-totalité des taxinomistes professionnels le rejetteront à la fois parce qu?ils s?adressent surtout à leurs collègues en perdant de vue le grand public (sciant la branche sur laquelle ils sont assis), et pour ne pas admettre qu?ils ont fait fausse route : on ne fait jamais marche arrière, dans ces cas-là, on change de direction pour présenter ça comme un progrès de plus. La remise en ordre ne peut pas venir de l? « establishment », trop fier de sa « révolution » systématique, mais des jeunes, et encore faut-il que même eux admettent l?utilité d?une marche arrière, qui n?est pas aussi gratifiante que la mise en place de quelque chose de nouveau.
C?est pour ça que je sais que mon combat est d?arrière-garde, il y a bien peu de chances que je me fasse entendre ?il aurait fallu que je sois Stephen Jay Hulk, mais ce sera dans une autre vie. Pourtant, ce que je prône est de faire les deux à la fois. Et surtout, je n?oppose pas classification phénétique à cladistique. Pour moi, une classification peut très bien combiner les deux méthodes. Toutes deux sont des approximations qui peuvent cohabiter, ce qu?elles font déjà. Quant à moi, j?ai toujours eu tendance à raisonner en approximation cladiste, ce qui est la façon de faire depuis le XIXè siècle : c?est la méthodologie et le jargon qui ont été instaurés par Hennig, mais ses « disciples » ont transformé un ensemble très pratique ?et efficace, je n?en doute pas- de recettes de cuisine en quasi-religion tout en prétendant révolutionner les concepts. Au final, ce qui fiche en l?air la classification linnéenne ?indispensable pour notre langage humain, je le répète- c?est le refus des « grades », tout simplement, qui nous donne ce système ingérable de poupées russes.
mais comme toujours, on ne fera que se rapprocher de la réalité sans, d'ailleur, peut être, jamais avoir de réponse!!
Précisément, et c?est pour ça que les « cladisations », en prétendant être rigoureuses sur ce point, entraînent une instabilité extrême des classifications. Du moment que tu admets les grades, tu admets que les limites des taxons sont forcément arbitraires, et surtout, tu ne déplaces que légèrement ces limites si un ajustement est nécessaire, alors qu?en cherchant à tout prix ?et vainement- à ne faire que des clades, tu ne cesses de tout chambouler à la moindre nuance d?appréciation. N?est-tu pas d?accord ?
mais pour finir,( que tout ça ne vous empêche pas de profiter de vos vacances; les miennes commencent ce soir!!!), lorsque l'on trouve un fond à une grande boite (ancêtre commun), on peut parfois y mettre plusieur petites juxtaposées dedans, sans pour autant connaitre l'ordre dans lequel on doit les ranger, et pourtant, cela fait quand même avancer le schmilbic!!
Sauf erreur d?interprétation de ma part, tu décris davantage mon système « gradualiste » de tiroirs juxtaposés que celui des boîtes gigognes, non ?
Bonnes vacances à toi... J?espère avoir ton avis à ton retour.
Patrick.