Quand j'étais gamine, la bête noire c'était le berger allemand, toutes sortes de rumeurs couraient sur ce chien. Il y a eu aussi le doberman.
Maintenant, sur la sellette, les Pit, Rot, et autres molosses.
Mais vu que le problème ce n'est pas le chien, éradiquer telle ou telle race ne résoud rien (cela a même l'effet inverse: accentuer le phénomène)
Le problème, c'est certaines personnes en mal de reconnaissance qui vont acquérir un chien pour de mauvaises raisons. Le problème, c'est la presse qui trouvant là matière au sensationnel, nous monte de toute pièce le mythe de la bête assoifée de sang. Le problème, c'est la peur (mauvaise conseillère)
On a déjà pris des mesures pour faire baisser le nombre de molosses. Mais c'est l'effet inverse qui n'a pas manqué de se produire, forcément. Qui dit "chiens dangereux" dit: "Je veux être respecté et être dans les caïds"... ou alors, "je vais montrer que je suis fort et un maître avec de la poigne"... et là, toutes les chances que ça parte droit dans le mur!
Plus on fera l'apologie et la publicité (mensongère) du "chien dangereux", plus certains feront reproduire des chiens dans des conditions déplorables ou feront acquisition de chiens en totale inadéquation avec leur capacité à les gérer et à les éduquer.
Des études ont été menées sur l'hérédité au niveau de l'agressivité des chiens, il en est ressorti qu'à moins de réveiller les réflexes ancestraux du chien par de mauvais traitements ou une éducation qui n'est pas en adéquation avec le chien (un grand chien agressif n'a pas les mêmes conséquences lors d'attaques qu'un yorkshire), il est même plus probable que le chien de fort caractère et de fort gabarit aura une réponse au stress ou à la peur (80% des agressions) nettement moins élevée de par sa confiance en lui.
Mais comme ça fait vendre et ça rapporte, l'ineptie du cerbère sanguinaire a encore de beaux jours devant elle!
ps: la population des « chiens interdits » a doublé depuis l'entrée en vigueur de la loi Sarre en 1999. A méditer
