Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, revenons à notre problème.
Le 2002-12-07 21:26, Henri a écrit:
Je pense qu'il faut mettre des deux, si une forme chromatique est mieux adaptée (on peut le supposer), et si elle est présente, elle reprendra le dessus.
Surtout pas, malheureux! C'est la principale cause de disparition d'espèces rares et originales, en particulier les espèces insulaires. Tu peux être sûr que l'espèce -ici, il ne s'agit peut-être que d'une variété, mais le raisonnement est le même- la plus spécialisée a rarement le dessus en cas de bouleversement du milieu, par rapport à une autre espèce plus "généraliste". C'est ce qui se passe partout où l'homme introduit les espèces dites anthropophiles (rat d'égout, moineau, pigeon biset, goéland argenté, chiens, chats, chèvres, porcs, renards, etc., etc.). Notre but est de lutter contre cet appauvrissement et de préserver les espèces étonnantes même lorsqu'elles sont moins adaptées, ou plutôt, moins adaptables, ce qui ne veut pas dire moins évolué. En cas d'holocauste nucléaire, les scorpions nous survivront sans peine. Faut-il en déduire que nous ne valons pas la peine?
En ce qui concerne les regani, la variété de Bujumbura est celle que je préfère (devant celle de Zambie et même celle de Kipili), je trouve que c'est la plus élégante. Et je trouverais vraiment dommage de la "noyer" dans les autres en introduisant des regani d'une autre origine à cet endroit.
Quant au fait qu'on risque de se retrouver avec un très petit nombre de géniteurs, il est réel, mais ça ne doit pas nous arrêter. C'est vrai qu'on reconnaît habituellement qu'en dessous de 50 géniteurs potentiels, on peut craindre une dérive génétique, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut renoncer. Le bison d'Amérique a été sauvé au début du XXème siècle avec moins de 25 géniteurs! C'est à peu près la même chose pour le condor de Californie, qu'on commence à relâcher en milieu naturel où il avait disparu. L'un et l'autre vont sans doute pâtir d'une certaine dérive génétique, mais fallait-il les laisser disparaître et les remplacer par des boeufs et des urubus (un faux vautour proche des condors)? Et il y a plein d'autres exemples du même type, avec un très petit stock de géniteurs (cheval de Przewalski, perroquet-hibou, Ara de Spix, cerf du père David, etc.).
Donc, croyez-moi, cette race de Bujumbura est précieuse, et ceux d'entre vous qui en possèdent ne connaissent pas leur chance. Personnellement, je n'en ai plus vu depuis belle lurette, alors qu'elle était banalissime à la fin des années 70 et au début des années 80.